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Quand le chantage au suicide porte atteinte à l’intégrité psychique

Introduction

Les violences psychologiques, en particulier dans le cadre conjugal, peuvent avoir des conséquences graves sur la santé mentale et la sécurité des victimes. L’arrêt ATF 150 II 465 du 3 juin 2024 du Tribunal fédéral rappelle que les menaces répétées, y compris les menaces de suicide, constituent une atteinte à l’intégrité psychique et ouvrent droit à une aide immédiate aux victimes, même en l’absence de procédure pénale.

Résumé des faits

Dans cette affaire, une femme a été confrontée à des menaces répétées de suicide de la part de son conjoint, après avoir exprimé sa volonté de se séparer. Ces menaces ont eu un impact psychologique significatif sur elle et ont créé une situation de danger pour elle et ses enfants, l’incitant à demander un hébergement d’urgence.

Le service cantonal compétent a initialement rejeté sa demande, estimant que les conditions légales pour bénéficier de l’aide immédiate prévue par la LAVI n’étaient pas remplies.

L’affaire a été portée devant le Tribunal fédéral, qui a reconnu que les menaces répétées constituaient une forme de violence psychologique, justifiant la prise en charge de l’hébergement d’urgence et de l’assistance immédiate aux victimes.

Décision du Tribunal fédéral

Le Tribunal fédéral a confirmé que les menaces répétées de suicide constituent une atteinte à l’intégrité psychique et qu’elles justifient l’octroi de l’aide immédiate selon la LAVI, même si aucune procédure pénale n’est en cours.

L’arrêt souligne que la victime peut bénéficier de la prise en charge des frais d’hébergement d’urgence afin de protéger sa sécurité et celle de ses enfants.

Qualité de victime et LAVI

Selon l’art. 1 al. 1 LAVI, toute personne ayant subi, du fait d’une infraction, une atteinte directe à son intégrité physique, psychique ou sexuelle a droit au soutien prévu par la loi.

Les exigences de preuve varient selon le type et le moment de l’aide sollicitée:

  • Pour l’aide immédiate, il suffit que l’infraction soit vraisemblable sur la base d’indices objectifs.
  • En cas de contrainte (art. 181 CP), l’atteinte à l’intégrité psychique doit être d’une intensité certaine; une atteinte mineure ne suffit pas.

Ce qui est déterminant, c’est que l’atteinte fonde un besoin légitime de recourir aux offres d’aide et aux droits de protection de la LAVI.

Dans cette affaire, l’instance précédente avait estimé que l’épouse avait subi une atteinte psychique, mais que celle-ci n’était pas suffisante pour reconnaître sa qualité de victime, faute de preuve objective ou de vraisemblance subjective.

Implications pratiques pour les victimes

  • Reconnaissance juridique des violences psychologiques.
  • Accès à l’aide immédiate même en l’absence de procédure pénale.
  • Possibilité de bénéficier de mesures de sécurité, notamment un hébergement temporaire sécurisé.

Conseils pratiques pour les victimes

  • Documenter tous les faits: messages, e-mails, captures d’écran.
  • Contacter les autorités compétentes: déposer plainte auprès de la police ou du Ministère public cantonal.
  • Demander une aide immédiate et des mesures de protection: centres de consultation, ordonnances de protection, hébergement d’urgence.
  • Consulter un avocat spécialisé: pour sécuriser ses droits et être accompagné dans toutes les démarches légales.

Pour les auteurs

  • Toute forme de violence psychologique ou menace répétée peut entraîner des conséquences pénales et civiles.
  • Ignorer la gravité des actes ou ne pas collaborer avec les autorités peut aggraver la situation.
  • Il est fortement recommandé de consulter un avocat spécialisé dès le premier incident.

Référence:
ATF 150 II 465 du 3 juin 2024


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